Ma vie sans elle 

 

Suite à ce meeting en Suisse, on se fréquenta quelques mois avant de se marier le 22 décembre 1980 à Lausanne. Ne voulant pas quitter mon travail au Musée de l'Air, on s'était installé dans mon studio à Juvisy-sur-Orge, puis dans un appartement plus grand à Savigny.

En mai 1982, après moins de deux ans de vie en région parisienne, elle ne supportait plus de vivre si loin de sa famille et de la Suisse. L'ambiance dans mon travail au MAE s'étant considérablement dégradée, je pris la décision de quitter définitivement la France et de tenter une autre vie en Suisse.

Ne pouvant me suivre dans ma passion pour l'aviation et n'ayant de mon côté pas pris conscience que cette passion m'accaparait trop et risquait de mettre notre couple en péril, elle se détacha lentement de moi. Après cinq ans de mariage, nous décidions de nous séparer, puis de divorcer deux ans plus tard.

Je vécu seul de 1987 à 1991, année où je rencontrais une costumière passionnée d'histoire. Un an 1/2 plus tard, notre histoire s'arrêtait là et je repris ma vie de célibataire.

Nous voici donc en février 1993, époque où appartenant à une association de cavaliers reconstitueurs de l'époque napoléonienne, je suis amené à me rendre à Recloses près de Fontainebleau chez un authentique homme de cheval qui deviendra mon ami : Marc Lohtka, pour participer à une journée à cheval afin de choisir un coursier pour effectuer un raid équestre prévu le mois suivant.

C'est ainsi que je fis la connaissance de celui qui deviendra plus tard mon premier cheval : "Que Rêves-tu Réza" surnommé Rezzou. Découvrant la vraie complicité qui peut s'installer entre un cheval et son cavalier, je décidais de tout faire pour me rendre à Recloses le plus souvent possible pour monter Rezzou.


Avec Rezzou dans la carrière du centre équestre de Recloses

Dommage qu'à cette époque, la vie ne nous permit pas de nous retrouver Colette et moi, alors que nous étions souvent proches l'un de l'autre sans le savoir. De plus, elle venait tout juste de divorcer et moi sans attaches. Nous aurions pu vivre plus tôt la passion qui nous anime aujourd'hui.

Je pense que nous aurions fait le pas d'avoir un enfant, mes parents auraient été très heureux de nous revoir ensemble et cette union accompagnée d'un petit-fils ou d'une petite-fille les auraient comblé. Malheureusement pour nous, c'est un peu trop tard maintenant...

C'est à Recloses en 1994/95, que je fis la connaissance de nombreux amis et parmi tous ces cavaliers et cavalières, je rencontrais une jeune femme qui montait au centre équestre assez régulièrement avec sa soeur accompagnée de son mari. La passion pour le cheval nous rapprocha et c'est ainsi que nous finissions par sortir ensemble.

Après un an et demi d'aller et retour entre la région parisienne et la Suisse où je résidais, nous décidions de nous marier en 1996 afin de pouvoir vivre ensemble en Suisse car je ne voulais pas revivre sur Paris, ni lâcher mon boulot à Genève.

Notre passion commune pour les chevaux nous permit de vivre ensemble, malgré que notre union ne fut jamais une grande histoire d'amour. C'est ainsi que je vécu ces dix dernières années en me rattachant à mes nombreuses passions que sont l'aviation, les chevaux et l'histoire.

Néanmoins, je dois reconnaître que j’ai connu de bons moments avec elle et je souhaite ici la remercier pour tout ce qu'elle a fait pour moi et notre atelier de sellerie. Je suis parfaitement conscients que je n’aurais pas fait bien des choses sans elle ni son soutien, mais comment ne pas suivre son destin ?

Le 14 avril 1998 naissait, chez mon voisin et ami Gilbert, mon deuxième cheval Kheytan d'Inch Allah destiné à remplacer mon brave Rezzou qui commencait à se faire vieux et dont je devais prévoir la relève.


Kheytan sous la selle au débourrage à 3 ans 1/2

A l'été 2003, suite à mon licenciement pour cause de délocalisation dans la société américaine où je travaillais depuis 13 ans à Genève, nous décidions de quitter la Suisse et de revenir en France près de nos chevaux. Je prenais le défi de vivre de ma passion pour la sellerie et pour cela, je suivis donc un stage de formation de 6 mois chez un sellier dans le Cantal.

En juin 2004, on ouvrait notre propre sellerie artisanale dans un petit village du Bugey entre Genève et Lyon. Après bien des efforts tant humains que financiers, il fallut se résoudre à cesser notre activité, le 2 octobre 2006, ne pouvant lutter contre le matériel d'équitation à bas prix issus de l'importation.

Je trouvais un stage de formation en maroquinerie à Belley dans la foulée, mais cela ne me passionnait pas et mon moral était au plus bas. Le suicide d'un ami et la mort de notre chien Cheyenne m'ont beaucoup affecté.


En Alsace en septembre 2005 avec Cheyenne

N'étant pas non plus heureux dans ma vie de couple, les pires pensées négatives me hantaient l'esprit. Je me demandais bien trop souvent à quoi donc pouvait servir ma vie et surtout pourquoi être encore de ce monde ?

J'avais vécu toutes mes passions à fond. J'avais travaillé sur les plus beaux avions qui forçaient mon admiration dans ma jeunesse et j'avais eu aussi mes propres chevaux. Je ne voyais pas quel bonheur pouvait encore me raccrocher à la vie. La seule consolation que je pouvais entretenir, c'était que si j'étais encore là, je devais sûrement encore avoir quelque chose à faire ici bas ou je devais encore vivre pour quelqu'un, mais pour qui ???

Durant ces 26 années passées loin de Colette, après deux tentatives de mariages ratés, j'étais convaincu que si je n'avais pas réussi à trouver les joies de l'amour ni le bonheur, c'était parce-que j'avais abandonné celle qui m'avait tant aimé lorsque j'étais jeune et que je n'avais pas su mériter. Ce sentiment me hantait le coeur et me revenait souvent à l'esprit lorsque j'étais trop malheureux dans ma vie sentimentale et amoureuse. C'était comme un grand désert au fond de mon coeur et de profonds remords m'envahissaient d'avoir ainsi ratée et gâchée ma vie.

J'étais intimement convaincu que Colette était la femme de ma vie... Je pensais souvent à elle et j'avais bien tenté de la rechercher épisodiquement durant toutes ces années, mais sachant qu'elle s'était mariée et avait eu une fille, sous quelle identité la chercher ? Et puis, elle devait être heureuse... De mon côté, l'ayant stupidement abandonné, je me demandais quels pouvaient être ses sentiments envers moi ? Restais-je toujours "le petit con" qui l'avait fait si fortement souffrir ??? Je risquais de remuer en elle de biens mauvais souvenirs....

J'en étais là de ma vie en attendant que le destin veuille bien m'envoyer un signe qui pourrait changer mon existence !

 

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