Ma vie sans lui 

 

En 1981-82, je revis Philippe quelques fois dans le train qui allait à Paris. Je me rendais à mon travail et partait bien plus tôt pour l'apercevoir, tandis qu’il allait travailler au Musée. Notre dernière entrevue eut lieu au Bourget, un week-end où je le retrouvais au Musée. Il me proposa une aventure que je déclinais et c'est ainsi que se finit notre histoire.

J’eus beaucoup de mal et souffris énormément de cette séparation définitive. Pour me changer les idées et tenter d'oublier, j’écumais les boîtes de nuit de la région avec des amis et ma sœur Sylvie. De flirts en aventures sans lendemain, je fis la connaissance d'Alain, un jeune homme de ma région.

On s’est rencontré à l'Embassy Club par l'intermédiaire de son frère Thierry avec qui je voulais sortir, mais il était intéressé par ma sœur Sylvie, alors pourquoi pas Alain. Nous sommes sortis ensemble en avril 1983 et je me suis retrouvé enceinte en août sans le savoir pendant 3 mois ½. Je l'ai laissé tomber en septembre, mais après avoir fait une dépression, je suis retourné avec lui.

Notre première fille Audrey naquit le 13 juin 1984, ce qui fit tout mon bonheur et nous nous sommes mariés le 8 juin 1985. Quatre ans plus tard, je souhaitais avoir un autre enfant et c’est ainsi que naissait Ophélie le 28 mars 1988. Nous avions deux superbes filles, toutes blondes, et j'étais mère au foyer.


Audrey et Ophélie en 1989

Je l'ai appelé Ophélie en souvenir de Philippe, dont le souvenir restait si vivace en moi. A l'époque où nous étions ensemble, nous écoutions Hamlet de Johnny Hallyday et nous avions convenu le premier de nous deux qui aurait une fille l'appellerait Ophélie. J'ai tenu parole, mais je n'avais pas osé pour la première de nos filles.

En 1991, j'ai retrouvé du travail à côté de chez moi, je me suis aperçu que je n'avais plus d'amour pour Alain. Je me rendais compte aussi que je pouvais encore plaire aux hommes, qu’il y avait autre chose que la simple vie de couple sans amour. Nous n’avions pas beaucoup de points communs, la vie avec le père de mes filles ne m'apportait plus rien, j'ai donc décidé de divorcer en 1994.

J'ai souvent recherché Philippe par le biais du minitel en faisant tous les départements de France, mais j'étais convaincue qu'il vivait encore en Suisse d'où l'absence de résultats dans mes recherches. Son souvenir me hantait jusque dans mes rêves...

Je vécu diverses aventures sans avenir certain. J'ai pas mal galéré durant toutes ces années et j’ai le sentiment d’avoir perdu beaucoup de temps.

 

Le hasard de la vie a voulu que je rencontre Th. en janvier 2000, lui aussi à l’Embassy Club que je continuais de fréquenter de temps en temps avec des amies. C’était un garçon beaucoup plus jeune que moi, mais qui paraissait plus âgé. Il y eut des hauts et des bas, et ce qui n’arrangeait rien, il ne s'entendait pas avec mes filles, il manquait singulièrement de maturité.

 

Ces dernières années, il prit pour habitude de vouloir faire des break dans notre relation. De fait, il décidait de ne plus se voir pour des périodes plus ou moins longues. C’était vraiment très difficile à vivre et je sentais bien que notre relation n’avait rien de solide.

 

Il ne savait pas ce qu'il voulait, la différence d'âge lui causait un vrai problème. Il disait toujours qu’il souhaitait avoir des enfants mais avec une femme plus jeune, ce qui ne l’empêchait pas de continuer à partager ma vie. Nous sommes restés ensemble pendant sept ans, en vivant chacun chez soi.

 

En novembre 2006, il voulut faire encore un break et je me retrouvais à nouveau seule pour mon plus grand soulagement. Le mois suivant, je perdis mon petit chat Simba alors que je l’emmenais chez ma mère pour le week-end. Il s’enfuit de mes bras au bas de son immeuble et je ne le revis jamais. J’étais désespérée, au bord de la dépression, quand pour la énième fois et sans grande conviction, je fis une recherche sur Google pour tenter de retrouver la trace de Philippe.

 

Audrey et Alya sa fille en 2008

 

Ophélie en 2007

 

En tapant son nom sur internet, je suis arrivée sur de nombreux liens indiquant son nom. Finalement, en affinant ma recherche, je découvris qu’il avait un site sur l’aviation et qu’il avait écrit des livres sur sa passion. Plus de doute, il s’agissait bien du Philippe que j’avais connu trente ans auparavant et qui avait conservé sa passion pour les avions anciens.

 

Je me hasardais à lui envoyer un message juste pour avoir de ses nouvelles, sans être assurée d’une quelconque réponse ni sans aucune idée de ce que j'allais vivre. Quelle ne fut pas ma joie lorsque je découvris sa réponse dès le lendemain !

Dans mon esprit, je l'imaginais vivant heureux dans sa vie de couple avec sa première femme avec ses enfants et dans une grande maison en Suisse. Loin de moi l'envie de briser son couple, je souhaitais simplement avoir de ses nouvelles et c'était plus fort que moi depuis si longtemps.

 

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