Guynemer et son pétadou le Spad XII S 382

 

Guynemer élabore le projet d'un avion canon plus destructeur fin 1916, début janvier 1917. Il se met au travail très rapidement en communiquant chacune de ses idées à l'ingénieur Louis Béchereau. L'avion est développé sur la base d'un fuselage de Spad VII allongé avec de nouvelles ailes aux extrémités arrondies.

La puissance du moteur Hispano-Suiza portée à 200 HP, il est nécessaire d'ajouter un réservoir supplémentaire de 30 litres dans le fuselage.

Le prototype porte le n° militaire S 382. L'armement se compose d'un canon de 37 mm passant à l'intérieur de l'arbre hélice avec une provision de 12 obus. Une mitrailleuse Vickers synchronisée de 7,7 mm, désaxée à droite et alimentée de 400 cartouches complète son offensivité.

La culasse du canon se situant entre les genoux du pilote, Guynemer a l'idée de reprendre les commandes des avions Deperdussin d'avant-guerre en utilisant un pont pour la profondeur et un volant pour les commandes d'ailerons.

Le Spad XII n'est pas à mettre entre toutes les mains. Le chargement du canon au coup par coup constitue un inconvénient majeur. Guynemer précise qu'il recharge son arme lors d'un renversement, ce qui n'est effectivement pas une manoeuvre aisée et à la portée d'un pilote inexpérimenté. L'intense fumée dégagée après chaque tir dans l'habitacle n'arrange rien. Néanmoins, l'avion se montre terriblement efficace lors d'un coup au but, l'ennemi est littéralement pulvérisé.


 

Le 5 juillet 1917, après son premier combat infructueux avec son Spad canon, Guynemer présente le "Pétadou" au général Franchet d'Esperey lors de la cérémonie de remise de sa rosette de la Légion d'honneur sur le terrain de Bonne-Maison. On remarque, posé aux pieds de Guynemer, le cône d'hélice monté provisoirement pour protéger des regards indiscrets l'utilisation du canon de 37 mm.




Endommagé lors de sa première utilisation opérationnelle le matin même, Guynemer tient absolument à la présence de son nouvel avion. C'est donc démonté qu'il est présenté aux officiels venus assister à la cérémonie.



Sur cette photo, on remarque la cigogne blanche et noire de l'escadrille, ainsi que le triangle noir symbolisant la "Bande noire" de l'escadrille. On distingue une partie du volant de gauchissement et le pare-brise particulier.




Sur cette autre vue, on remarque le support ajouré monté sur les mâts de cabane du fuselage utilisé pour le montage et le maintient de l'appareil photo emmené par Guynemer pour immortaliser ses victoires.

Toujours en réparation le 11 septembre 1917 jour de la disparition de son cocher, on ne connaît pas le devenir de cet appareil, probablement utilisé par un autre pilote célèbre.

On peut regretter que la France ne se soit pas souciée de conserver cet exemplaire unique et si personnel des avions de notre as national Georges Guynemer.


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Copyright © Philippe Osché